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 Le dimanche 31 octobre 1999 LA UNE 

 

LE SOLEIL, Steve Deschenes
Il n'y avait pas une foule de « Trekkies » pour accueillir Eugene Roddenberry, mais ceux qui y étaient peuvent se vanter de vivre leur passion jusqu'au bout.

Réunion de famille
Le fils du créateur de Star Trek subjugue les vrais « Trekkies »

Annie Morin


Le Soleil

QUÉBEC - Le fils du créateur de Star Trek était de passage à Québec, hier, au grand plaisir des amateurs de la télésérie culte. Complètement subjugués, ceux-ci ont volé la vedette avec leurs costumes curieux et leur enthousiasme de gamins. Wayne Gretzky n'aurait pas causé plus d'émoi en visitant le vestiaire d'une équipe de hockey mineur !

Pour les Trekkies, Gene Roddenberry demeure LA référence en science-fiction malgré son décès en 1991. C'est lui qui a donné un sens humanitaire à la conquête de l'espace, vendu l'idée d'une société pacifique basée sur le respect et proposé du coup toute une philosophie de vie. Ses adeptes se comptent par millions sur la planète.

C'est justement pour prendre le pouls des inconditionnels que son fils Eugene, 25 ans, a fait une apparition à Place Fleur de Lys, hier après-midi. Il a été bien servi : environ 50 fans sont venus l'aduler, l'air béat et le coeur content. Une bonne dizaine d'entre eux avaient d'ailleurs revêtu le costume de leur personnage préféré. Ici, le commandant Nelika Forin Vak ; là, l'amiral Kcinna Alyecha. Les chandails moulants et les incontournables oreilles pointues du Dr Spock foisonnaient.

Trop gêné pour se déguiser, Stéphan Dutruel a néanmoins fait grand usage de sa caméra vidéo et de son appareil photo. Il a capté toute la conférence sur pellicule de façon à immortaliser ce grand rendez-vous, une première dans sa vie de Trekkie ordinaire.

À 31 ans, le jeune homme compte déjà 15 grosses années de fanatisme. « Ce que j'aime, c'est toute la philosophie de paix de Star Trek. Il n'y a pas de violence et les gens s'entendent bien entre eux », souligne-t-il, fier d'avoir converti sa blonde à ce monde « parfait ». Ensemble, ils écoutent et réécoutent les premières émissions de la série précieusement conservées sur cassettes vidéo. « C'est tellement bon ! »

Vincent Tremblay, lui, a fait le trajet Montréal-Québec avec son fils Normand pour rencontrer l'héritier du créateur de Star Trek. S'il se qualifie de « nouveau fan », il n'en est pas moins venu costumé. Ce genre d'événements l'a toujours fasciné. « Moi, quand je joue, je joue à fond », dit-il.

C'est le Club Star Trek Québec, très présent sur Internet, qui avait invité Eugene Roddenberry à Québec, l'an dernier, juste avant la sortie du film Star Trek : Insurrection. Trop occupé pour se déplacer à l'époque, l'Américain avait été séduit par l'idée et avait proposé de reporter sa visite. Il a tenu parole !

Hier, il a pris le temps de répondre aux questions de l'auditoire. A-t-il été éduqué selon les valeurs Star Trek ? « Oui et non. Comme dans n'importe quelle famille, il y a des bons et des mauvais moments. » Quel est son personnage préféré ? « Data. Parce qu'il pose des questions simples. » Est-il déçu de l'évolution de la série ? « Les grosses compagnies veulent plaire aux fans, mais elles veulent aussi faire de l'argent... »

Le jeune Roddenberry a aussi détaillé sa vision personnelle de l'empire Star Trek et ses projets futurs. Il travaille actuellement sur la télésérie Gene's Roddenberry's Earth: Final Conflict avec sa mère, la productrice Majel Barrett, à partir de Toronto. Conseiller technique, il s'assure que les épisodes rendent bien la philosophie que son père a voulu inculquer à la série. S'il se dit actuellement « en apprentissage », Eugene se promet de poursuivre la « mission » de son père en créant lui-même de nouveaux épisodes.

De son vivant, Gene Roddenberry n'a pas transmis les secrets de Star Trek à son fils, alors un peu jeune pour comprendre l'ampleur du phénomène. Celui-ci doit donc tout découvrir par lui-même. « S'il était vivant aujourd'hui, j'aurais des milliers de questions à lui poser », assure l'héritier.

 

 

Remerciment à Stephan Dutruel pour cet article.