TECHNOBABBLELa station Mir, épopée d'une longue histoire bien remplie.Lancée le 19 février 1986 par un lanceur Proton, elle succèdera à Saliout 7 toujours en orbite. Mir était prévue pour une durée de vie de 5 ans mais elle servit plus longtemps que prévu. En 14 ans, MIR va grossir en se dotant de modules toujours plus complexes. (En effet, elle était conçue pour pouvoir recevoir des modules s'emboîtant comme des pièces de légo. Elle mesure 13,13 m de long pour un diamètre maximal de 4,15 m. D' une masse de 20 400 kg, elle offre un volume habitable de 90 m3. Placée sur une orbite à 3 000 km d' altitude inclinée à 51.6°, elle tire son énergie grâce à 2 panneaux solaires long de 29 m produisant 10 KW 28,6 V (76 m2). La station spatiale Mir s'est ensuite agrandie avec plusieurs modules : 1- La partie centrale avec le module de commande. Lancement le 20 février 1986. L'élément central de la station orbitale "Mir" ("Paix" en russe) est placé sur orbite à 350 km d'altitude par une fusée Proton. La sphère de 2,20 mètres de diamètre pèse 21 tonnes. Des modules viendront bientôt s'y arrimer. La première mission habitée vers "Mir" sera lancée le 13 mars 1986. 2- KVANT étend Mir en longueur, notamment avec des télescopes pour l'étude de phénomènes dans l'atmosphère et dans l'espace. Lancement le 31 mars 1987 3- KVANT 2 est muni d'un sas pour les sorties extra-véhiculaires et d'instruments scientifiques pour l'observation de la Terre et la recherche biologique.Lancement le 26 novembre 1989 4- KRISTALL est conçu pour la recherche technologique, biologique, géophysique et astrophysique. Lancement le 31 mai 1990 5- SPEKTR est destiné à l'étude de la Terre, de l'atmosphère, du soleil, du rayonnement cosmique. Il y a 700 kg d'instruments américains à bord. Lancement le 20 mai 1995 6- MODULE est un module d'interface pour l'amarrage des navettes spatiales américaines avec MIR, lancé par la navette américaine Atlantis et fixé au module Kristall. Lancement le 12 novembre 1995. Vingt ans après la rencontre entre Apollo et de Soyouz, la navette spatiale américaine Atlantis s'arrime à la station russe Mir. Les deux commandants, Vladimir Dezhurov et Robert Hoot Gibson, s'échangent une poignée de main historique à 395 kilomètres au-dessus de la Terre. Dix astronautes vivront ensemble à bord de la station jusqu'au 4 juillet de la même année. Cette rencontre marque le début de la collaboration spatiale internationale et de la construction d'une station commune dénommée Alpha. 7- PRIRODA a été conçu pour la recherche dans les domaines de l'océanologie, de la géologie et de l'hydrologie.On y poursuit les expériences astrophysiques, biologiques et techniques des autres modules de MIR. Lancement lLe 23 avril 1996 MIR a fait 86 331 révolutions autour de la Terre, soit 3,649 milliards de kilomètres parcourus, une distance supérieure à celle qui nous sépare d'Uranus, 4 591 jours d' occupation, 111 vaisseaux amarrés, à savoir 30 Soyouz (1 Soyouz T et 29 Soyouz TM), 9 navettes américaines (7 fois Atlantis, 1 fois Endeavour et 1 fois Discovery), 64 cargos Progress (Les Progress étaient les vaisseaux de ravitaillement) et le Soyouz TM-1 inhabité. Le record de séjour dans cette station est détenu par le russe Valery Polyakov qui resta à bord 438 jours ! En dehors de ses jours glorieux et de bons et loyaux services, la station connaîtra quelques ennuis. Tout d'abord, la station spatiale Mir entre en collision avec le vaisseau d'approvisionnement Progress. Les trois astronautes, deux Russes et un Américain, parviendront à réparer la fuite et rétablir l'électricité. Mais non sans difficulté. La collision avait performé l'un des modules (le KVANT si ma mémoire est bonne) Et pour éviter la dépressurisation, l'équipage du fermer la porte hermétique. Et surprise, figurez-vous donc que dans ce monde très high-tech, des fils électriques passaient par la porte du sas dont des cables d'alimentation venant des panneaux solaires du module. Ils durent couper ces fils pour pouvoir fermer la porte. Résultat, ils durent vivre dans le noir et dans le froid faute d'avoir suffisamment d'énergie jusqu'à ce qu'on fasse passer d'autres fils à l'extérieur. De l'extérieur, la station n'était pas belle à voir, on pouvait voir les panneaux solaires tout cassés et de la tole tordue comme dans les fils de science fiction cheap. Mais malgré tout la station resta en service mais non pas sans avoir d'autres problèmes notamment un incendie! Face aux nombreux déboires que connaît la station et aux coûts élevés de son entretien (Et on spécule aussi la pression américaine vu que la station n'était pas américaine), les Russes décideront de la détruire en mars 2001. LA DESTRUCTION DE LA STATION MIR La station orbitale Mir a été définitivement abandonnée mi-1999. (Elle restait en orbitre mais sans aucun équipage à bord) Initialement conçue pour fonctionner cinq ans, elle aura passé quatorze ans dans l'espace. Le cosmonaute français Jean-Pierre Haigneré a participé l'année suivante à l'un des derniers équipages de Mir. Ensuite, il a fallut au moins neuf mois pour faire descendre la station orbitale et la précipiter dans l'atmosphère au-dessus de l'océan Pacifique. (On a envoyé un vaisseau progress équipés de moteurs qui amarrée à elle, a fait descendre son orbite jusqu'à ce qu'elle se retrouve prise dans la gravité terrestre. Dès le début de 2001 la station Mir ralentit à chacun de ses passages, s'enfonçant progressivement dans les couches élevées de l'atmosphère terrestre. Le Centre de contrôle russe força sa chute définitive le 22 mars 2001 pour éviter tout risque ultérieur. Après 14 ans de bon et loyaux service, le fleuron de l' astronautique Soviétique puis Russe, la station MIR retombe le vendredi 23 mars 2001 à 5 h 59 mn dans l'Océan Pacifique entre la Nouvelle Zélande et le Chili. Évidement pour assurer la sécurité. Rien n'était calculé au hasard. La capacité de prédire avec précision l'instant de réentrée d'un satellite augmente à mesure que l'objet se rapproche de l'atmosphère. A 7 jours d'avance par exemple la précision est d'environ 22 orbites, à 12 heures de 1.6 orbites et à 1h de 0.33 orbites. Dans le cas de Mir la zone de débris théorique s'étendit sur une ovale large de 200 km et longue de 6000 km, entre d'un côté les débris les plus légers et de l'autre les débris les plus lourds. Le laboratoire tomba comme prévu dans l'océan Pacifique le 23 mars 2001 par 150°O et 40°S. Ne reste plus à espérer que la station spatiale internationale prendra la relève de brillante façon. Alexandre Beaudry |
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