CRITIQUESOn l'a échappé belle!L’Express de l’Espace du mois d’avril nous mettait au courant de la sortie du premier des septs coffrets de la série Star Trek : Voyager. Comme Voyager est une de mes séries préférées, j’ai décidé d’investir dans l’achat du coffret. Après une rumba de quelques soirées pour visionner les quinze épisodes, je me suis penchée sur les documentaires spéciaux (special features) en bonus sur le dernier DVD. Des documents très intéressants, en passant. L’un d’eux nous parle des débuts de la série, du casting original et des changements apportés à ce dernier après quelques jours de tournage. Je savais intellectuellement que Kate Mulgrew n’avait pas été le premier choix pour interpréter Janeway (le saviez-vous?) et je savais aussi qu’au départ, la Paramount avait embauché une actrice québecoise, Geneviève Bujold, pour donner vie au désormais célèbre capitaine. Certains la connaissent surement pour avoir joué entre autres dans des films comme « Kamouraska » ou « Coma » (tiré de l’œuvre de Michael Crichton). Personnellement, quand j’ai su qu’elle jouerait dans la nouvelle série Star Trek à l’époque, je me suis dit : « Ah oui? Étonnant… »… bref, j’étais sceptique, mais sans plus. Par la suite, quand la série a commencé, j’ai bien vu que finalement ils avaient changé d’idée, et j’ai pris la nouvelle sur Bujold comme une rumeur sans fondement. Avec l’achat du coffret, j’ai appris que ce n’était pas une rumeur, et que la dame avait bel et bien été engagée originalement. Pourquoi ils ont changé d’idée? C’est évident comme le nez au milieu du visage lorsqu’on regarde et écoute le documentaire. On l’a vraiment échappé belle! Si les producteurs de l’émission avaient tenu à la garder, on ne serait probablement pas en train d’épargner pour s’acheter des coffrets de Voyager présentement, parce que Voyager n’aurait probablement pas duré deux ans. Je n’enlève rien au talent d’actrice de Mme Bujold. J’ai vu quelques films d’elle, et c’est une actrice de talent. Mais en tant que Janeway…! Dans le documentaire, on peut visionner les premières journées de tournage avec les autres acteurs, et on voit tout de suite qu’elle n’est pas à l’aise. Elle récite son texte plus qu’elle ne le joue, le technobabble dans sa bouche sonne comme si elle parlait en serbo-croate, il n’y a aucune complicité entre elle et les autres comédiens… même le redshirt qui doit mourir à la douzième minute de l’épisode a davantage de complicité avec les autres comédiens qu’elle! C’est certain qu’on a tendance à être plus critique puisqu’on sait comment est sensé être Janeway, et le fait qu’elle ne joue pas du tout comme Kate Mulgrew peut laisser penser qu’elle est mauvaise pour ce rôle. Mais au delà de ce qu’on sait maintenant sur Janeway, je peux dire objectivement qu’à mon avis, jamais Voyager n’aurait eu le succès qu’il a eu si Geneviève Bujold était restée dans le casting. Elle ne semble même pas s’amuser à jouer son personnage, ce qui à mon avis, paraît beaucoup dans son interprétation. Ce qui m’a amené à me demander la raison qui l’a poussée en premier lieu à auditionner. Le sujet général ne semble pas vraiment l’intéresser, alors pourquoi avoir même passé l’audition? Je ne peux répondre à cette question puisque les producteurs n’expliquent pas vraiment ce détail dans le documentaire. Tout ce qu’ils sont prêts à dire était qu’après quelques jours de tournage, ils se sont rendus compte que son interprétation et son interaction avec les autres membres du casting n’étaient pas adéquats pour ce qu’ils recherchaient, et qu’ils avaient donc décidé de faire appel à la deuxième candidate, Kate Mulgrew (qui, en passant, m’a fait demandé pendant près de cinq ans où je pouvais bien l’avoir vue avant, jusqu’à ce que je me rende compte que c’était « Mme Columbo »!) Gageons que Mme Bujold n’a pas offert une très grosse résistance quant à son départ… Si jamais vous prévoyez acheter le coffret, ne manquez pas d’aller visionner les documentaires. Ou si vous connaissez quelqu’un près de chez vous qui l’a, prenez le temps de le regarder, histoire de contempler ce qui aurait pu devenir un désastre. Comme quoi, parfois, le meilleur candidat n’est pas toujours le premier sur la liste. Marie-Josée Bishop |
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