SECTION VAISSEAUVaisseau du mois : USS QuébecUn samedi soir, dans le bar du USS Québec, baptisé la Houblonnière. Le bar d’un vaisseau semble être l’endroit de rassemblement par excellence. Tout le monde y passe, tout le monde s’y arrête, certains plus longuement que d’autres. Sur chaque vaisseau, le bar est l’endroit où tout le monde vient pour passer du temps, parler entre amis, ou raconter ses peines au barman. Celui du Québec est l’un de ces barmans à l’ancienne, un de ceux qui anticipent vos moindres désirs en fait de rafraichissements et les comble aussitôt. Mais le barman du Québec, Ethan Wilks, n’est pas un barman ordinaire. Son héritage bétazoïde ne pouvait que l’aider dans ses fonctions. La totalité des officiers supérieurs étaient réunis à la Houblonnière ce soir. Rien d’étonnant à cela, puisque la remise de promotions et de médailles venait de se terminer, et tout le monde était resté pour festoyer. Ethan fit lentement le tour de la salle des yeux tout en frottant machinalement un verre avec un torchon. Le dernier arrivé, l’enseigne T’Pick, se tenait droit, assis à une table, un verre d’eau à la main. Il en était sans doute à l’étape d’essayer de comprendre les émotions et les relations humaines. Pour un Vulcain, il avait tout de même réussi à s’intégrer rapidement dans l’équipage, malgré qu’il continue encore à prendre la majorité des choses au sens littéral. Très axé sur le protocole, en bon Vulcain, il faisait tout de même des efforts pour se faire accepter par les autres membres d’équipage, et son ardeur commençait à porter fruit. Près de lui riait doucement le Cmdr Jade Contrell. La chef scientifique se démarquait dans cet univers rempli d’hommes. Discrète mais efficace, elle en imposait davantage par son calme et sa douceur. Bien des gens seraient surpris d’apprendre que derrière cette femme en apparence si douce se cachait une exploratrice sans peur qui n’hésiterait pas à se rouler dans la boue, à escalader des montagnes ou à franchir des précipices. Elle avait fait des merveilles avec l’arboretum, son lieu favori, pour le transformer en havre de paix ou plusieurs allaient pour se prélasser. Le Lt Frank Penin jetait des coups d’œil discrets à la belle scientifique en soupirant. Il était arrivé sur le Québec depuis plusieurs mois maintenant, et Ethan avait eu l’occasion de mieux le connaître. Il était revenu à ses amours d’académie en transférant depuis le département scientifique vers le poste de conseiller, un poste qui semblait lui aller comme un gant. Peut-être était-ce pour lui faire oublier ses propres problèmes. Ethan supposait que le conseiller cachait un passé lourd dont il n’était sans doute pas prêt à parler encore. Toujours poli, il était réputé pour garder un calme étonnant en toute circonstance. Un calme que peut-être quelqu’un arriverait à briser. Instinctivement, Ethan tourna la tête dans la direction de la personne qui pourrait bien lui faire perdre son calme un jour. Le rouquin en question rigolait en compagnie de ses deux amis. Le Lt Ted StGeorge, le Lt Chile et le SLt Ak’tar, baptisés le « Trio Infernal » par le reste de l’équipage, semblaient pour le moins décontractés, comme à leur habitude. StGeorge, l’ingénieur du Québec, était sans doute en train de raconter une bonne blague. Ethan était content de voir que le Cajun avait réussi à se contrôler dans cette manie qu’il avait de dire tout ce qui lui passait par la tête, avant d’y réfléchir, ce qui lui avait au départ attiré les foudres du capitaine. Depuis qu’il avait transféré au département d’ingénierie, il semblait tout à fait dans son élément, passant ses journées à rafistoler un peu partout en rouspétant qu’il avait trop de travail. Adepte de sports extrêmes, il lui arrivait souvent de revenir du holodeck couvert d’écchymoses, mais s’abstenait de se rendre au sickbay pour ne pas subir l’éternel discours sur les dangers du holodeck sans protocoles de sécurité. Nommé Troisième aux commandes depuis peu, il semblait encore un peu mal à l’aise à l’idée d’avoir de l’autorité sur des officiers plus gradés que lui. Le Lt Chile était l’officier aux opérations. L’image parfaite de l’officier modèle. Malgré tout, il devait consamment contrôler ses instincts de chasseur. Son héritage sandragon était parfois lourd à porter pour le jeune homme, qui avait parfois peur de retomber dans la barbarie de ses ancêtres, qui chassaient pour se nourrir du sang de leurs proies. Ethan sentait bien qu’il avait toujours peur d’être rejeté par ses compagnons, malgré la franche camaraderie dans laquelle il baignait maintenant. Depuis qu’il avait malencontreusement perdu son calme lors d’une partie de bras-de-fer avec Ted StGeorge et lui avait sauté à la gorge, il s’était décidé à s’inscrire dans une organisation appelée les « Sandragons Anonymes » qui l’aidait beaucoup à contrôler ses instincts et ses humeurs. Le SLt Ak’tar était, tout comme le capitaine, un mi-klingon, mi-humain, et tout comme le capitaine, avait débuté sa carrière comme officier de sécurité. Très insécure au départ, le jeune homme semblait avoir peur de gaffer. Depuis qu’il était arrivé à bord, il s’était passablement dégêné, et semblait maintenant à l’aise avec les autres, d’autant plus qu’il n’était plus stressé comme avant. Très dédié au vaisseau et à son équipage, il était prêt à les défendre jusqu’à son dernier souffle et à la dernière goutte d’honneur qui coulait dans ses veines. Ethan tourna la tête vers un autre joyeux luron, le SLt Sigmund Martin. Le pilote du Québec était arrivé depuis quelques temps, mais s’était glissé derrière sa console et parmi l’équipage avec une aisance déconcertante. S’il continuait ainsi, le trio infernal deviendrait bientôt un quatuor. Comme tout bon pilote, il mourrait d’envie de faire des entourloupettes avec le Kebec Class, au grand dam du reste de l’équipage. C’était un officier de valeur, un ami fidèle et un bon vivant qui ne semblait pas s’en faire avec la vie. Ethan trouvait bien que Sigmund, malgré une enfance difficile, avait décidé de regarder en avant plutot que de s’apitoyer sur son sort. Le Capitaine Jukmek, hybride Klingon-Humain, dont la moitié Klingonne avait tendance à ressortir lorsqu’un de ses officiers faisait monter sa pression. C’est tout de même un homme patient, jusqu’à une certaine limite, qu’il ne faut pas dépasser sous peine d’entendre sa voix puissante tonner à travers tout un deck. Malgré tout, c’est un officier de commandement juste, aux décisions posées, qui prend très à cœur le bien de son équipage. Après avoir vécu des années difficiles, il a réussi à se créer une vie de famille satisfaisante avec sa fiancée Meri-Lor et son fils Koral. Son seul regret est que son travail le tient éloigné de sa famille la majorité du temps. Le premier officier du Québec, le LtMajor Corum Akir, Bajoran de sang et de cœur, semble à première vue le parfait bout-en-train. Doté d’un solide sens de l’humour, il semble capable de dédramatiser n’importe quelle situation par son sens de la répartie. Avoir servi pendant des années sous les ordres de Jukmek sur le Husky a créé un lien serré entre les deux officiers de commandement, qui se connaissent bien l’un l’autre et savent ne pas dépasser les limites de l’autre. Malgré tout, aussi joyeux que Corum semble être, Ethan savait qu’à l’intérieur, le petit Bajoran souffrait de la série de drames qui a ponctué sa vie, depuis l’occupation cardassienne de sa planète jusqu’à la mort de son frère d’adoption juste avant d’être nommé FO du Québec. Le CmdrÉ Sunak, officier médical depuis peu, avait fait un bon parcours dans Starfleet. D’abord officier scientifique, il avait ensuite changé de carrière pour devenir conseiller. Une opportunité lui fut alors présentée de devenir premier officier, mais le Vulcain était revenu peu après, pour prendre des fonctions d’officier médical. Ethan ne pouvait que le comprendre. Le Québec et ses hommes n’était pas facile à quitter ou à remplacer. D’un naturel plus accessible que bien des Vulcains, il avait réussi à créer des liens très forts avec certains officiers. Le Cmdr Steve Alexandre « Sax » Baggins II, Trill joint, le chef de la sécurité typique. Toujours à son poste, toujours à son affaire, il avait la réputation de dormir avec son uniforme tellement il prenait ses tâches à coeur. Mais Sax était un homme qui ne se livrait pas facilement, et restait un semi-mystère pour une bonne partie de l’équipage. Jonas Boones, le pilote casse-cou par excellence, faisait quasiment partie des meubles du Québec. Il y servait depuis plus de 4 ans et demi, savait tout ce qu’il y avait à savoir sur le vaisseau, et ne se retenait pas pour pousser une bonne blague, peu importe si le moment était opportun ou non. Ses entrainements de vol en holodeck étaient quasiment passés à la légende parmi les nouveaux officiers, qui n’y échappaient que rarement. Le Cmdr Élite Adrienne T’Mora, officier médical en chef, qu’Ethan considérait comme sa « granny ». Très réservée, l’El-Aurienne n’en est pas moins très espiègle et cherche parfois à jouer des tours à ses collègues de travail. Malgré ses dons acquis d’empathie, elle n’a jamais cherché à empiéter dans les jardins privés des autres. Médecin dévouée, elle a préféré laisser son poste de FO pour revenir à ses anciennes amours, jugeant qu’elle y serait davantage utile. Sortant de ses pensées, Ethan entendit quelqu’un l’appeler. MARTIN : Hé, Ethan! Laisses un peu ton torchon, et viens nous rejoindre! En souriant, Ethan partit retrouver les officiers du Québec... Sa famille... Marie-Josée Bishop |
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